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 La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared

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Jane Novak

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyJeu 18 Déc - 20:31


« Au revoir, bonne soirée, merci d’être venus, ce fut un plaisir… »
Avec un grand sourire, j’escorte les passagers du bateau jusqu’à la passerelle et lorsqu’ils sont tous à quai, bien loin de moi, je lève les yeux au ciel en poussant un soupir. Voilà, encore une journée comme une autre qui se termine, une journée ponctuée de « veuillez ne pas nourrir les dauphins », « veuillez ne pas jouer de vuvuzela aux dauphins », « veuillez arrêter de demander si on ira nager avec les dauphins alors que ça fait déjà dix fois que je vous dis non à moins que vous ne vouliez terminer en ballon de foot/flotteur/godemichet pour dauphin au choix ». La routine, quoi. Putain, mais retenez-moi ou je vais finir par les tuer, cette bande d’incultes qui pensent tous que les dauphins sont les clowns de l’océan. C’est qu’ils ont l’air gentils comme ça, à sauver occasionnellement des humains et tout, mais je t’en foutrais : il serait peut-être temps que le grand public apprenne que ces saloperies pratiquent le viol collectif ainsi que le meurtre pour le fun, oui oui, rien que ça. Pas étonnant qu’en me levant ce matin, je faisais la gueule : aller voir les dauphins moi, ça me soule, je préfère quand on va voir les orques, au moins aux, ils sont civilisés (bon, sauf quand ils jouent au volley-ball avec les phoques, d’accord, mais tout le monde a le droit de s’amuser). Mais y’a rien à faire, pire que les dauphins, ça reste quand même les touristes. Mais bon, faut bien que j’achète du lait en poudre et des couches à Benjy. Qu’elle est dure, la vie.

Je quitte le port et marche tranquillement en direction de chez moi (l’avantage d’habiter tout prêt de mon lieu de travail, je vous raconte pas les économies d’essence !), parka sur le bras car malgré l’heure tardive, il fait encore foutrement chaud. Au coin d’une rue à moitié sablée par le vent, je marque une pause pour tirer mon paquet de clopes de la poche de ma parka. J’allume mon briquet quand soudain, quelque chose lui tombe pile dessus et l’éteint avant de terminer sa course entre mes deux boobs. Je lève les yeux, m’apprêtant à incriminer une mouette (saloperie) et là VLOUF, c’est le déluge qui s’abat d’un coup sur ma tronche. Super, génial, j’adore. J’ai à peine le temps de faire trois mètres, c’est-à-dire le temps qu’il me faut pour tilter que peut-être je pourrais mettre ma parka tiens ça c’en serait une bonne d’idée, que je suis déjà trempée jusqu’aux os. Y’a pas d’erreur : je suis blonde.

C’est donc avec l’apparence d’une teubée ayant plongée toute habillée dans une piscine que j’arrive devant chez moi. J’ouvre, entre dans le hall et balance ma parka par terre.
« Carrie ! C’est moi, je suis rentrée ! » appelle-je à l’intention de la babysitter.
Tout en traversant le couloir en direction du salon, j’essore mes cheveux et retire ma chemise trempée pour me retrouver en débardeur, ce qui ne fait pas grand changement, à part qu’en plus de l’eau qui imprègne mes fringues, on peut également voir de façon « pointue » que dehors, il pleut.
Je pousse la porte du salon, affichant déjà un sourire à l’attention de Carrie… et je me fige, mon sourire s’effaçant pour laisser place à une grimace de terreur alors que mes yeux se posent sur le type qui devrait être n’importe où ailleurs que vautré sur mon canapé, dans une prison, par exemple. Poussant un cri, j’attrape le premier truc qui me tombe sous la main (à savoir : un canard hochet qui traînait sur une console) et le brandis en direction du type en lui klaxonnant :
« T’ES QUI TOI ET TU VEUX QUOI PUTAIN ?! OÙ EST MON FILS ?! J’TE PRÉVIENS SI T’AS TOUCHÉ À UN CHEVEUX D’SA TÊTE JE TE FAIS BOUFFER TES COUILLES, ENFOIRÉ !!! »




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Jared Hendry

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyJeu 18 Déc - 21:29

Évidemment j'aurais dû me douter que c'était trop facile, quand Carrie a appelé pour me dire qu'elle avait besoin de moi, que c'était une urgence. N'importe qui aurait probablement posé une question ou deux avant de rappliquer, mais je me suis laisser berner par le "j'te paierai". Puis, ça pouvait pas être terrible, Carrie est une bonne fille, du moins que je sache, faut aussi dire que je ne la connais pas vraiment non plus. Je la connaissais avant. Mais qu'importe, j'ai déjà deux jours de retard sur mon loyer et je suis à deux doigts d'aller faire une casse dans une fontaine à souhait. Bon je pourrais toujours appeler mes vieux, leur demander une faveur, mais je préfère dormir dans un caddie d'épicerie que d'aller leur quêter de l'argent. Après dix ans en tôle, avoir de la fierté est peut-être un brin optimiste, mais à défaut, j'arrive encore à m'en inventer.

Alors comme un con, je me suis rendu à l'adresse qu'elle m'a filé, pas très loin de chez-moi heureusement, parce que j'aurais été bien pâle de me payer un taxi. Quand je suis arrivé, elle faisait déjà du pied devant de la porte, à croire que son urgence était vraiment urgente. Et c'est environ à ce moment que j'ai compris ma terrible erreur, quand dans un geste calculé -car il est maintenant évidant qu'elle a délibérément évité de mentionner la nature du service-, elle me pointe une petite tête blonde en train d'empiler des morceaux de bois avec le plus grand des soins. Elle n'a toujours rien dit, mais je suis assez malin pour comprendre ce qu'elle veut, et d'ailleurs je secoue aussitôt la tête. «T'as quand même pas l'intention que je surveille le gamin.» Apparemment, car avant même que je finisse ma phrase, elle a sac sous le bras et clé dans la main. «C'est un ange t'inquiète pas. Merci tu me sauves la vie.» Ou pas. C'est hors de question. Je sors de prison, la dernière chose dont j'ai besoin c'est de me retrouver coincé avec le gamin de je ne sais pas qui. Je sais même pas si c'est légal déjà. «T'es pas sérieuse et si sa mère débarque je vais lui dire quoi hein?» Elle secoue la tête, ouvrant déjà la porte. «Elle reviendra pas avant deux heures, je vais être revenue dans deux heures.» Et sans attendre que je proteste à nouveau, et que j'ai encore l'occasion de refuser, elle sort et ferme la porte derrière elle. Et fuck! Je grimace, me retournant vers le môme qui me fixe, intrigué. «Hey buddy...»

***

Si je n'ai pas regardé nerveusement l'heure à chaque dix minute, je ne l'ai pas regardé une fois. Je crois que je n'ai jamais été aussi impatient de ma vie à l'idée de voir une femme. Allé Carrie, merde. Pas que la compagnie soit mauvaise, si Benjy n'a pas donné l'air de vouloir me faire confiance dès les premières minutes, après une demi-heure, il me présentait déjà sa panoplie de jouets. Et c'est entre un casse-tête -20 morceaux, le truc de ouff quoi-, un combat épique entre un dragon et un camion de pompier et quelques dessins gribouillés, que le temps à filé et que Carrie n'est toujours pas apparu. Le gamin a fini par quémander un film -encore avec des dragons-, que je lui ai mis, avant qu'il clame vouloir jouer à cachette, car apparemment garder la même idée plus de deux secondes c'est trop lui demander. Et c'est en le regardant aller se cacher derrière le fauteuil que ce que je craignais voir arriver, arriva. Maman. Et vu la tête qu'elle a fait en m’apercevant, Carrie a oublié de l'avertir elle aussi. Je me relève aussitôt, mains devant en signe de paix, pas tant parce que je crains d'être battu à coup de canard, mais parce que j'aime autant qu'elle ne décide pas d'appeler la police. «Hey ça va! J'ai rien fait à ton fils, je suis un ami de Carrie.» Ça n'a pas l'air de la dérider pour autant. «Elle avait une urgence, elle m'a pas dit pour le gamin. J'allais quand même pas le laissé seul.» Impossible que je m'en sorte, j'aurais beau dire n'importe quoi, je suis à peu près certain que j'ai toujours l'air d'un voleur d'enfant. Enfin, par chance pour moi, Benjy choisi ce moment pour faire éruption de sa cachette, visiblement amusé de la situation. Facile quand on comprend rien quoi.



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Jane Novak

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyJeu 18 Déc - 22:34

Quand le type amorce son mouvement pour se lever, je ne réfléchis pas : action réaction, je lui balance le canard à la gueule, et encore, il a de la chance que ce ne soit pas celui que je garde dans mon tiroir et avec lequel Benjy n’a évidemment pas le droit de jouer. Quoiqu’il en soit, le grand blond s’en cogne… c’est peut-être parce que je vise comme une moule et qu’au lieu de lui atterrir dessus, le hochet est allé s’écraser quelque part dans les rideaux. Comme si je n’avais pas déjà atteint les tréfonds de l’absence de crédibilité. Paniquée de me retrouver désarmée pendant que lui est debout et mains levées (putain, elles sont immenses, ça doit faire mal quand ça te tombe dans la gueule), je regarde tout autour de moi dans l’espoir de trouver une autre arme. J’ai le choix entre une peluche, des cubes et des crayons de couleur. Parfait. Je suis morte. Tentant le tout pour le tout, j’improvise une pause censée évoquer un quelconque art martial et annonce :
« J’te préviens, j’ai un cordon bleu et j’hésiterai pas à m’en servir ! »
Ou une ceinture noire, plutôt, non ? Oui ben pardon, je suis passée en mode motherzilla, j’ai autre chose à faire que de réfléchir à ce que je dis. Lui en revanche fait attention à ce qu’il raconte, et si ses phrases me semblent relativement compréhensibles d’un point de vue grammatical, ça ne m’aide pas vraiment à analyser la situation. Tout ce qui m’intéresse sur le coup, c’est d’apprendre qu’il n’a pas fait de mal à mon fils, enfin ça c’est ce qu’il dit, ça reste encore à voir.
« Il est OÙ ? » que je lui beugle donc à nouveau.
C’est pile ce moment que choisit Benjy pour surgir de derrière le canapé. Je sens aussitôt un poids s’envoler de mes épaules et j’abandonne ma position de la grue cendrée (ou quelque chose comme ça) pour prendre dans mes bras mon fils qui babille joyeusement. Mais si lui s’en carre comme de sa première tétine qu’un inconnu se tienne dans notre salon, moi pas : malgré le fait d’avoir récupéré mon fils sain et sauf, je n’en oublie pas qu’il y a quelque chose qui renifle furieusement la merde par ici (et je ne parle pas de la couche de Benjy).

Préférant avoir les mains libres au cas où je doive saisir mon téléphone portable en urgence, je repose mon fils par terre. Je désigne alors l’inconnu d’un index menaçant, mais c’est d’un ton beaucoup plus calme afin de ne pas inquiéter Benjy que je reprends :
« Bon, accouche. T’es qui, et qu’est-ce que tu fous ici ? C’est quoi cette histoire d’urgence ? Et me raconte pas de bobards, je te préviens, je suis pas d’humeur. »
Oh oui, je dois lui faire très peur là : c’est pas comme s’il pouvait m’écraser le crâne entre ses pouces, pas du tout. Mais il sait pas à qui il a affaire : je mords, moi.

C’est alors que Benjy, apparemment pas décidé à laisser au type le temps de répondre, se met à trottiner dans sa direction, ramassant une peluche au passage qu’il tend au wannabe motard avec un grand sourire.
« Benjy, ici ! »
Je m’approche prudemment, gardant les yeux rivés sur l’inconnu, attrape mon fils par le bras et me tiens résolument devant lui, telle une mère lionne face à un chasseur. Faudra d’abord me passer sur le corps avant de toucher à mon gosse.


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Jared Hendry

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyJeu 18 Déc - 23:13

Vous me direz, je suis pas une mère, ni un père d'ailleurs, donc je ne peux pas savoir ce que ça fait de revenir à la maison, de s'attendre à trouver sa babysitteur -celle qui a deux nichons-, et tomber sur...eh bah sur un type comme moi quoi. Je ne sais pas ce que ça fait, effectivement, mais ça n'a pas l'air de lui faire à elle. Du moins si j'en juge par le projectile jaune qu'elle me balance et pour lequel je n'ai même pas besoin de me donner le mal de l'éviter, puisqu'elle m'a raté d'un bon mètre au moins. Tout de suite crédible la montée de lait quoi. Et pourtant je vous jure que je la trouve terrifiante en ce moment. Un gros tueur endurci recouvert de tatouage, ça passe pour de la petite bière à côté. Bon d'accord, elle perd un peu de crédibilité quand elle tente de prendre une position à la ninja kid, menaçant de m'étaler son cordon bleu à la figure, alors que moi j'essaie bêtement de plaider ma cause, même si je serais peut-être plus avancé d'en appeler au Saint-Patron des Causes Perdues. Dommage que je ne sois pas religieux.

Et la bonne mère, elle en finit plus de faire sa mère, beuglant de lui désigner où se trouve son fils, qui merci, décide enfin d'intervenir, en ma faveur on dira, car mine de rien, il est en vie et sans une égratignure. Et si j'espérais que ça allait la calmer et qu'elle se contenterait de me pointer la porte, pas du tout en fait. Au lieu de ça, elle pose Benjy au sol pour brandir son index dans ma direction, avec autant de volonté que s'il s'agissait d'un poignard. Et si son ton est plus calme, probablement pour sauver les apparences devant son gamin, je sens bien qu'elle est toujours aussi disposée à m’émasculer, si elle n'entend pas ce qu'elle vent entendre. Elle me babille ses questions en un quart de seconde et je ne peux retenir un léger haussement de sourcil. Je viens pas juste de lui dire, c'était pas assez clair? «Carrie, votre nounou, elle m'a appelé parce qu'elle avait une urgence, elle m'a pas dit pourquoi, mais je suis venu et elle s'est barré. Elle a dit qu'elle reviendrait. C'est tout ce que je sais.» Du coup, elle n'a pas intérêt à revenir avant que je sois partie, car je vais lui en faire une urgence.

Bon cela dit, même si les faits sont établis, elle ne sait toujours pas qui je suis, mais qu'est-ce que je peux bien dire? Je vais quand même pas lui sortir mon curriculum vitae, de toute façon vu mes états de service, je ne risque pas de gagner à la course du mec honorable. Le gamin lui, il a l'air de bien s'en branler puisqu'il revient en trottinant vers moi, vite arrêté par sa furie de mère cela dit. «Je m'appelle Jared, je suis un ami de Carrie, et encore une fois, j'ai rien fait à ton fils, donc si tu pouvais rentrer les griffes deux secondes...» Y'a pas à dire, j'ai l'art de la conversation. Dans tous les cas, je la détaille du regard, n'ayant pas vraiment eu l'occasion de le faire avec son arrivée tout en fanfare. Dure journée, visiblement.



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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyVen 19 Déc - 0:40

Benjy se contrecarre réellement du sérieux de la situation et en même temps, je ne peux pas trop lui en vouloir : ce n’est qu’un gamin, en plus il est du genre à n’avoir jamais peur et à vouloir faire copain copain avec tout le monde. Une bénédiction diraient certains, d’avoir un enfant si peu contraire, sauf que je sais pas si vous vous imaginez le travail que, par conséquent, ça représente de lui expliquer que non non, aller voir le monsieur en imper et aux jambes poilues qui se balade dans le parc, c’est vraiment pas une bonne idée (et c’est valable aussi pour les barbus en cuir). J’ose même pas imaginer ce que ça donnera quand il sera en âge d’aller à l’école en vélo, je partirai sûrement en vendetta préventive contre toutes les camionnettes de la ville.

« Carrie a fait QUOI ? »
C’est à peine une question rhétorique : il me faut vraiment un certain temps avant que l’absurdité que le grand blond me présente trouve un semblant de concrétisation dans mon esprit. Je me prends la tête entre les mains, l’air presque hystérique. C’est pas possible, elle a pas fait ça…
« Je vais la tuer ! »
Pour l’instant, c’est tout ce que je suis capable de dire, et je suis certaine que je serais capable de le faire, ça lui apprendrait à cette pétasse, à se barrer sans prévenir en confiant mon gamin au premier venu. Enfin premier venu, ou pas, puisqu’il m’assure être un ami de Carrie.
« J’me souviens pas qu’elle m’ait parlé d’un Jared, » je lui siffle, venimeuse.
D’accord, en vérité elle ne m’a jamais parlé de personne, à part de sa pomme. Quand elle débarque, elle fait un sourire, me raconte ses problèmes à son boulot qui paye pas assez (d’où le suffixe Carrie la nounou) et de son dernier rendez-vous chez le gynéco (« tu devrais aller le voir, il est super mignon, divorcé, plein aux as ») puis je lui coupe le sifflet en lui mettant Benjy dans les bras et bonne journée, à ce soir.

J’avise le regard du grand blond sur ma personne et me plaque les mains sur la poitrine pour en dissimuler les manifestations météorologiques.
« Non mais ça va, rince toi l’œil aussi ! »
En temps normal, j’aurais été flattée mais là, j’ai non seulement pas la tête à ça mais en plus j’ai l’air d’une échappée d’Auschwitz face à un nazi, ce qui rend la situation plus perverse qu’autre chose.
Et Benjy et sa sociabilité galopante de m’échapper à nouveau pour cette fois carrément balancer sa peluche dans la tronche du dénommé Jared, l’air de dire « mais attrape, putain ! ». Précisons tout de suite que je ne jure jamais devant mon fils (là tout de suite, ça comptait pas : je savais pas qu’il était planqué derrière le canapé) mais s’il tient de sa mère (et jusqu’ici, il en a l’air) à mon avis il jurera comme un charretier avant d’avoir roulé sa première pelle. Que voulez-vous, c’est dans les gênes.

Encore une fois, j’attrape mon fils pour l’éloigner du monsieur pas propre mais cette fois, il me fait une crise ; visiblement mécontent de ne pas pouvoir jouer au bombardement de peluche, le voilà qui se met à brailler, entendez les pleurs typiques du caprice, à grands renforts d’effets de poumons mais sans aucune larmes. Ah mais je connais la chanson, je ne me laisse plus si facilement avoir, je… je retrousse la lèvre inférieure et je le prends dans mes bras en susurrant des « chuuut, chuuut », tout en continuant à surveiller Jared du coin de l’œil. Quand Benjy s’est calmé, c’est avec un grand sourire hypocritement crispé que je demande alors au barbu :
« Bon, d’accord, on va dire que tu dis la vérité, et que Carrie n’est pas allongée dans le congélateur sous des sac de petits pois. Mais alors, je peux savoir pourquoi j’ai été mise au courant de rien jusqu’ici ? »


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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyVen 19 Déc - 1:36

Je ne sais pas si je dois expliquer une troisième fois les faits très simples selon lesquels sa nounou est une irresponsable ou si son "Carrie a fait quoi?" est une question purement rhétorique. Mais dans le doute, je m'abstiens, d'autant qu'elle finit simplement en sifflant ses envies de meurtre sur Carrie, à quoi je n'ai pas d'objection particulière. Donc voilà quoi, je vais les laisser laver leur linge sale en famille. Je suis la victime dans cette histoire, pas le coupable, même si la toujours innommée ne semble pas vouloir démordre de sa suspicion, alors qu'elle me darde du fait que Carrie ne lui a jamais parlé de moi. Le contraire m'aurait étonné. Et à cette accablante constatation, je ne trouve rien de mieux à faire que d'hausser les épaules, d'un air détaché. «Elle m'a jamais parlé de vous non plus.» Ha! C'est vrai n'empêche, si elle avait mentionné l'existence d'une blonde éméchée et de son bébé blond, je crois que je m'en souviendrais.

Et si j'en suis à constater son état pitoyable, la mégère saute aussitôt à la conclusion que je lui matte les seins, alors qu'elle y plaque prestement ses mains. Tout de suite! Bon certes, il aurait été difficile de les rater, mais de là à dire que je me rince l’œil, qu’elle ne charrie pas la mère! Et qu'elle mette un soutif déjà. Mais voilà, je ne me sens pas de répondre à ce commentaire, au risque de m'embarquer sur un terrain dangereusement glissant. Je me contente donc de retenir un léger sourire avant de détourner les yeux, les posant plutôt sur Benjy qui m’envoie sa peluche à la figure. Décidément lancer des trucs sur les autres c'est de famille.

Et puis voilà, c'est la crise, alors qu'elle le rattrape à nouveau pour l'éloigner de ma personne. À croire qu'elle s'imagine que je suis contagieux de je ne sais pas quoi. De mon côté, je l’interprète plutôt comme le signale qu'il est temps que je fasse bon vent. Mais à peine j'ai le temps d'ébaucher l'idée de me diriger vers la sortie, qu'elle reporte son attention sur moi, affichant un grand sourire. Ce qui n'a absolument rien de rassurant, je tiens à le dire. Pas plus que ses accusations dissimulées à travers sa question de savoir pourquoi elle n'était au courant de rien. «Déjà, si Carrie était en train de refroidir avec tes petits pois, je serais pas resté dans ton salon à attendre que tu reviennes.» Ça prend pas un doctorat en meurtre pour le comprendre. Et accessoirement, c'était Carrie que j'attendais, pas elle. «Puis peut-être que ta nounou est juste nulle.» Après, j'y connais rien non plus. Et loin de moi l'idée de me lancer dans un débat avec maman ours. «T'as un chouette gamin.» Ça adoucira peut-être la situation. Enfin, je le pense quand même. Maintenant, il s'agit de savoir si elle en a fini avec sa montée de lait ou si je risque de me retrouver dans son dit congélateur. Une douche froide ça lui ferait peut-être pas de tord.



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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptySam 20 Déc - 2:17

Avec exactement la même mimique que lorsque je surprends Benjy avec sa main dans le paquet de biscuits, je fronce les sourcils à la réponse de Jared. Non mais, il me répond là ! Monsieur fait de l’esprit, il défie mon autorité ! Il veut une fessée, c’est ça ? J’avoue que je ne serais pas particulièrement contre la lui donner : passé le creepy du côté bonjour, on se connait pas, j’ai une tête à manger des poussins vivants pour le petit déj et c’est moi la nouvelle nounou, faut quand même dire que, pardonnez mon vocabulaire, il est bandant. Je lui aurais déjà certainement offert une bière à un dollar avant de lui demander si ça le dérange pas de le faire dans la ruelle derrière le bar, si je n’étais pas présentement en mode 100% maman s’en va t’en guerre. Accessoirement aussi, je suis dans mon salon, pas au bar. Bah, le canapé, c’est bien aussi.
Bon Jane, et si on restait concentrée deux minutes ?

Ok donc reprenons : Benjy est dans mes bras, Jared est dans mon salon, et d’après lui Carrie n’est pas en train de siester sous les petits pois. Tant mieux pour elle, même si vu son acné peut-être qu’une petite cure de soin par la glace ne lui ferait pas de mal.
« T’aurais pas attendu que je revienne, sauf si t’avais l’intention de faire un double coup ce soir. »
Me rendant compte du double sens de ma phrase, je me racle la gorge.
« J’entends par là : nous étaler toutes les deux, Carrie et moi, sous les petits pois. Enfin, tu m’as comprise. »
Parce que faut pas déconner, je peux pas le laisser décemment croire que je pourrais être intéressée par un plan à trois avec lui et Carrie. Elle est vraiment trop moche.
Et nulle aussi, comme il dit. Pour pas dire conne, conne comme ses pieds. J’approuve d’ailleurs ces dires en hochant lentement et amplement la tête d’un air accablé.

Pendant ce temps, Benjy s’est parfaitement remis de son vrai faux chagrin et s’agite comme un poulpe en rut entre mes bras avec la manifeste intention de retrouver sa liberté. Je ne me fais pas prier et je le repose à terre encore une fois. Et si vous voulez savoir : oui, ce genre de scène se produit souvent. Je vous raconte pas les abdos en acier que je me fais.
Je ne retiens pas un sourire satisfait quand Jared dit que j’ai un chouette gamin. Ça vous plaît ? C’est moi qui l’ai fait !
« Évidemment qu’il est chouette, c’est le mien ! » réponds-je, la modestie m’étouffant.
C’est évidemment le moment que la dite engeance choisit pour reprendre son bombardement pelucheux. Sauf que cette fois, non content de s’arrêter là, voilà qu’il ramasse un cube et avant que j’aie le temps de comprendre ce qu’il se passe et de l’en empêcher, il le jette sur Jared de toutes ses forces… c’est-à-dire pas grand-chose, heureusement pour le grand blond et son entrejambe, endroit qu’a bien entendu choisit le cube pour atterrir. Une autre que moi aurait peut-être rougit de ce fail de crédibilité, mais après une demie seconde de flottement, je pouffe de rire, la main sur les lèvres.
« Il est chouette… mais casse-couilles, comme tu peux le voir. »

Je sursaute soudain à la sonnerie de mon portable. Carrie, annonce l’écran. Mon rire meurt aussitôt, remplacé par un pincement de lèvres.
« Allô ?
« Jane-O ! Olala, ça fait des heures que j’essaye de t’appeler mais je tombais toujours sur le répondeur, je m’inquiétais ! »
Elle n’arrivait pas à me joindre, sur mon téléphone satellite toujours opérationnel afin de  justement pouvoir être mise au courant s’il y a le moindre problème avec Benjy ? Elle s’inquiétait ?
« J’ai eu une urgence très urgente, j’ai laissé Benjy avec un ami, » reprend-elle. « C’est quelqu’un de confiance, évidemment ! »
J’ouvre des yeux grands comme des soucoupes et je ne serais pas étonnée qu’ils se mettent à tirer des lasers.  
« Non mais tu te fous du monde, conn… » J’ai un coup d’œil pour Benjy. « … Conifère ?! Et tu peux me dire ce que c’était, ton urgence ? Non non, laisse-moi deviner : à en croire la musique à fond la caisse que j’entends derrière toi, ça devait être un truc du genre ton gynéco qui t’a invitée à aller prendre un verre ? Alors écoute moi bien, pét… iole, je veux plus jamais te voir chez moi, c’est bien compris ? Quant à ton fric, tu peux te le foutre au cucurbitacée ! »
Je raccroche, fourre le téléphone dans ma poche et cible mon regard sur Jared.
Puis, je souris.
« J’espère que tu m’en voudras pas d’avoir viré ta pote. »


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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptySam 20 Déc - 19:59

Bon bien sûr que j'avais l'intention de me faire les deux. La nanny et la mère. Pourquoi pas tient. J'ai déjà un mort à mon actif, je vais pas m'arrêter à si bon compte. Et en plus, question de pas rester dans les brancards, je vais évoluer et devenir un tueur en série de femmes. Pokemon bitch! J'espère que son congélateur est grand, non pas qu'elle soit bien grosse, mais si je dois y allonger deux corps, ça peut devenir problématique. Je devrais peut-être lui spécifier qu'en fait, j'ai à peine quitté le salon, parce que je me sentais pas d'aller fouiller dans ses affaires non plus, même pas que je me suis accordé la curiosité de faire le tour du proprio. Bon tout de suite, je peux quand même dire que c'est moins miteux que ma niche à 500 balles par mois, que j'arrive même pas à payer, d'autant que le prix est totalement surestimé comme je peux entendre le voisin d'en haut chier à 3h du mat. Après vous me direz, c'est quand même mieux que la toilette à côté de la paillasse dans ma cellule de prison. De quoi je me plains tient. Bref, tout pour dire que je préfère presque l'option où faire un coup double, aurait été de me les taper les deux, mais ouais c'est bon, je l'ai comprise. De toute façon, Carrie, je me la ferais pas. Bon, peut-être une fois bien saoul...«Relaxe mama, je vais pas te tuer.» À défaut de savoir son nom quoi.

Et question de désamorcer la situation, je tente la technique de l’appréciation du môme, pour paraitre sympa et lui flatter l’orgueil dans le bons sens. D’ailleurs, le sien n'a pas l'air de détesté ça puisqu'elle s'empresse de s'accaparer les mérites de la qualité du produit. Un produit qui lui, fait un complexe d'attention, comme tout gamin probablement gâté qui se respecte, pas content de l'absence de regard posé sur lui. Et parce que je suis trop veinard, c'est moi qui en paie les frais, alors qu'à nouveau il commence à me balancer ses jouets à la gueule, avant de rajuster son tire et d'envoyer son cube en direction de mes balloches. Et là je dis merci qu'il ait pas quelques années de plus ou je l'aurais probablement sentit passer. Et bien évidemment, la mère, elle trouve ça drôle. C'est vrai quoi, un môme mal élevé qui lapide les inconnus c'est trop tordant. Bon d'accord, ça l'est probablement et je ne retiens d'ailleurs pas un sourire, me penchant pour reprendre le cube et lui tendre, profitant de la diversion provoquer par le téléphone et que la mère lionne s'occupe à rugir contre, je devine, Carrie.

Je pose mon regard sur Benjy, qui non pas peu fier de son coup, me sourit à pleine dent en tendant sa menotte pour récupérer son projectile. «Hey buddy, tu dois pas faire ça, on se tape pas dans les nuts entre mecs, c’est contre le bro code.» Et tout en donnant cette leçon essentielle à sa vie, j'écoute, d’une oreille, l'enragée qui est en train de mettre l'irresponsable au chômage, et congé sans solde par-dessus le marché. Génial pour moi. Carrie était censé me payer pour mon service. J'aurais l'air chiche de lui demander de l'argent quand même? Sans doute. J'ai plus qu'à me le foutre au cucurbitacée aussi. J'aurai qu'à aller laver des planchers, de nuit, dans un entrepôt, ou me prostituer...de nuit, dans un entrepôt. J'en toucherai un mot à mon agent de réinsertion tient. Pour ce qui est de savoir si le congédiement de ma pote me dérange - ranafoùt. «C'est qu'une amie d'un pote de toute façon.» Et je l'ai recroisé par hasard y'a une semaine, elle a eu l'air d'être super emballé de me revoir, moi j'ai mis trois plombes à la reconnaitre et je comprends toujours pas que je suis celui qu'elle a appelé pour venir ici. Une copine ça lui tentait pas? En général quand on cherche un remplaçant pour faire du babysitting, on ne choisit pas le pote qui sort de tôle. Ou peut-être qu'elle ne le sait juste pas parce que mine de rien, et j'en constate, c'est une belle tarte. Et belle, faut voir. «Puis t'auras pas de mal à te trouver une remplaçante.» Sauf si Carrie était déjà la remplaçante de la remplaçante de la remplaçante. Non pas que je la soupçonne d'être une psychopathe au sujet de son fils, mais un peu quand même. Je la fixe quelques instants, pas uniquement pour apprécier le paysage, mais aussi parce qu'elle se tient entre moi et la sortie du salon. «Tu vas me garder en otage? Ou tu veux peut-être prendre le temps de vérifier ma citoyenneté australienne.» Je suis prêt à coopérer si ça peut la déstresser.



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Jane Novak

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptySam 20 Déc - 21:26

C’est qu’une amie d’un pote, qu’il dit. Mais au-delà de ça, Carrie m’a assuré qu’il s’agit d’une personne de confiance. Comme si avec ce degré de connaissance, elle pouvait le savoir. Alors d’accord, j’avoue qu’après ces quelques minutes d’interaction, Jared ne me semble pas particulièrement psycho, malgré son look (et si je suis bien placée pour savoir que les apparences sont trompeuses et que l’habit ne fait pas le moine). D’accord encore, je ne connais de lui que : son prénom, et son lien avec Carrie. Autrement dit : pet de couille. Mais je sais pas… c’est peut-être les grands yeux énamourés que fait Benjy en le regardant qui m’inspirent ce qui ressemble fortement à un début d’appréciation. Et je dis ça de manière totalement objective, en occultant complètement le fait qu’il lui suffirait de me sourire dans sa barbe blonde pour que je tombe à genoux devant lui (oui, on les sent bien, les presque trois ans de célibat).

Une remplaçante… Oh putain, c’est vrai, va falloir trouver une remplaçante, et le plus tôt serait le mieux.
« Que tu crois… Ça court pas les rues, les agrégés en puériculture qui prennent pas trop cher. » Pas que je sois radine mais malheureusement, faut être réaliste : j’ai pas les moyens de me payer Mary Fucking Poppins. Trouver quelqu’un de confiance, compétent, disponible et pas cher relève du défi de nos jours. C’est pas pour rien que je me suis jusqu’ici contentée d’une meuf barbante et moche : j’avais pas trouvé mieux.
« Enfin, on va croiser les doigts hein. Plus qu’à espérer que t’es voyant, et que tu sais lire l’avenir dans les boules. » Ou comment lui faire comprendre que je viens encore de le surprendre à me regarder dans les boobs. Tu sais mon grand, if you want a piece of me, t’as qu’à demander. Non mais c’est vrai quoi, il est là planté devant moi, à me fixer avec son air de merlan frit : qu’est-ce qu’il attend ?
… De pouvoir s’en aller, par exemple.
« Oh. »
Au temps pour moi.
« Nan, c’est bon, pas la peine de te mettre la main au cul pour me sortir tes papiers, on va pas disserter pendant des heures. Après tout, y’a pas eu mort d’homme. »

Je m’apprête à m’écarter pour lui laisser accès à la sortie lorsque mon téléphone sonne à nouveau.
« Put… ride ! »
Remontée comme un coucou suisse, je m’éclipse dans le couloir, décroche et beugle à l’attention de Carrie :
« Écoute-moi bien espèce de connasse, c’est plus la peine d’appeler, si t’avais pas compris tout à l’heure : tu peux aller te faire foutre ! … Ah, ah bonsoir, monsieur Roberts. »
Mon patron. Oui, mon patron. Que je viens de traiter de connasse alors qu’il est toujours d’une humeur de chien. Un patron, quoi. J’ai juste le temps de lui bredouiller que je pensais m’adresser à quelqu’un d’autre qu’il m’annonce sèchement qu’une baleine vient de s’échouer à quelques petits kilomètres d’ici (entendez : 80 bornes) et qu’on a besoin de quelqu’un sur le terrain fissa. J’essaye bien de lui expliquer que non, ce soir, pas possible, vraiment, mais il s’en tamponne la rotule avec un aileron de dauphin albinos.
« Tu me dois bien ça, » dit-il avant de raccrocher.
Je reste quelques secondes, le téléphone contre la tempe, à fixer le vide. J’ai l’air très calme comme ça mais dans ma tête, c’est la panique. Je dois être partie dans une heure, grand max. Une heure pour choisir entre trois options : trouver une nounou (comme expliqué plus haut : mission impossible), démissionner (mauvaise idée) ou emmener Benjy avec moi (très, très mauvaise idée). Pour résumer : je suis foutue. Passez-moi une enveloppe, que je me taille les veines.

Je jette un coup d’œil dans l’entrebâillement de la porte du salon. À moins que…
Je m’approche, mais m’arrête avant d’ouvrir la porte.
Non, faudrait être timbrée, quand même.
Mais est-ce que j’ai vraiment le choix ?
Je consulte rapidement mon répertoire téléphonique, m’arrêtant sur chaque personne pour déterminer si quelqu’un pourrait faire l’affaire. Mes parents, ça c’en serait une chouette idée ! … S’ils n’étaient pas partis à Sydney rendre visite à je ne sais quelle branche de la famille. Des collègues… Ils ont eux aussi tous leur vie de famille et à cette heure-ci, laisse-tomber. Des potes… Vu le genre de personne que je fréquente pour faire la bringue, même pas la peine d’y penser. Ne restent que mon banquier, mon proprio, et des gens dont je n’arrive même pas à associer le nom avec une tête.
Donc : non, j’ai vraiment pas le choix.
Je retourne dans le salon alors que je remets mon téléphone en poche et c’est avec un grand sourire que, le plus naturellement du monde, je demande à Jared :
« Dis, qu’est-ce que tu fais ce soir ? »


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Jared Hendry

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptySam 20 Déc - 22:54

Je proposerais bien de l'aider avec ses problèmes de babysitting, mais aussi charmante qu'elle soit avec son air de survivante de naufrage, j'ai pas de nounou à lui proposer. Autant dire que je ne fréquente pas tellement la casse des gens avec des enfants non plus, et donc je ne connais pas les agrégés en puériculture -comme elle dit- de la ville. Il me reste quoi donc? Lui souhaiter bonne chance? Parce que non, l'avenir, ce n'est pas ce que je lis dans les boules, du moins pas encore que je sache. Et si je suis bien tenté de lui répondre avec ma classe habituelle, va savoir, mais je me contente d'ébaucher un sourire, me mordillant la lèvre comme pour m'assurer de la boucler. Puis bon, soit je viens d'être frappé par la sagesse, ou c'est la présence du gamin et ses oreilles curieuses qui m'arrête. La bonne nouvelle, c'est qu'elle ne semble finalement pas avoir l'intention de me séquestrer dans sa bicoque, ni même de me demander permis de conduire et passeport. Bon bien, à la prochaine alors, ou pas. Je lui souris, projette à nouveau l'intention de partir, mais son téléphone sonne à nouveau et elle disparait dans le couloir. Et là je me tâte, j'aurai l'air grossier si je me casse comme ça, sans dire au revoir? Pas que j'y tienne, mais prison ou pas, j'ai eu un minimum d'éducation. Donc je décide d'attendre - ouais je suis con comme ça. Et quand elle revient, tout sourire, l'air presque mielleuse -bien que toujours aussi éméché-, je me dis que j'aurais mieux fait de partir en courant.

Qu'est-ce que je fais ce soir? Je sais pas, je vais aller me chercher un entrepôt à balayer, avant d'être obligé de vendre un rein et la moitié d'un poumon pour éviter que le proprio m'arrache la rate parce que je l'ai pas payé. Mais à Sans Nom je réponds, «je peux bien le surveiller encore un peu, si t'as une urgence.» Je suis pas né de la dernière pluie non plus. Puis ça va, je commence à le comprendre le coup de l'urgence. Mais qu'elle se fasse pas de grandes idées, je suis pas une nounou moi. Je le fais parce que j'ai rien d'autre à faire, rien à voir non plus avec son physique de sirène, je suis pas de ceux-là qui se laisse embobiner par les détails de la carrosserie. M'enfin, bref, je suis resté.

***

Et je me suis donc retrouvé à quatre pattes, pour faire des carambolages de camion, qu'on ne s'y méprenne pas, et l'écouter babiller des mots à moitié compréhensibles, en me demandant si sa cassette arrive parfois au bout du ruban. Apparemment non. Du moins, jusqu'à ce que j'arrive à lui vendre l'idée d'écouter un film avec des bonasses dedans aka la Reine des Neiges. Et là, je ne sais pas si ce sont effectivement les nanas ou plutôt les chansons -à vous faire péter une névrose-, mais il est resté bien assit, complètement captivé. Moi, pendant ce temps, je me suis accordé le droit de passage côté cuisine, parce que n'empêche, je commence à avoir faim et je n'ai pas eu l'autorisation de sortir avec le gamin pour aller au McDo. Ce sera donc la boite de cookies, double pépites de chocolat. C'est qu'elle a quand même bon goût la mère. Je suis donc retourné au salon avec mon butin que Benjy m'a très vite réclamé à coup de main ouverte et tendue vers la boite. «Alors t'aime ça bro?» Il hoche vivement la tête. «Ouais, je te comprends, c'est le pied.» À ce moment, j'entends une porte se refermer, me retournant pour regarder Benjy qui termine de grignoter son cookie. «Ohoh, faut remballer, Mama Bear est de retour,» que je lui glisse dans un sourire en refermant la boite pour la déposer sur la table à côté du canapé, l'air de rien.



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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptySam 20 Déc - 23:58

D’accord, il a une tête à faire quelque chose ce soir. Quoi, j’en sais rien, mais certainement pas babysitter. Je pars déjà défaitiste donc, et je m’apprête avant même qu’il réponde à lui sortir une plaidoirie ultra convaincante, c’est-à-dire quelque chose dans les grandes lignes de « je t’en prie, je suis désespérée et par conséquent je te paierai double voire triple tarif ». Mais je n’ai même pas le temps de prendre une inspiration pour m’y préparer qu’il me balance de but en blanc que c’est ok. Comme ça pouf, sans discuter ni rien. Voilà un homme mûr à marier. Mais bref, puisque ça lui va comme ça, je le payerai tarif simple hein, je vais pas non plus me ruiner inutilement.
Je joins mes mains et lui fais un sourire jusqu’aux oreilles.
« Merci merci merci ! »
J’ai à peine terminé que me voilà déjà dans le couloir, me hâtant vers les escaliers.
« Je vais prendre une douche, j’en ai pour cinq minutes ! »
Quand une femme dit ça, on s’attend généralement à la voir revenir une heure plus tard mais cinq minutes pétantes après, je suis bien de retour, lavée et rhabillée bien que mes cheveux soient encore mouillés (avec le temps qu’il fait dehors, la différence ne se verra pas).
Je colle un gros bisou mouillé sur la joue de Benjy en lui assurant que je reviens très vite, adresse encore un merci à Jared puis disparais dans le couloir où j’attrape ma parka et mon sac. Depuis la porte d’entrée je lance : « La bouffe est dans la cuisine et les couches dans la salle de bain » et sur cette démonstration de logique implacable, je me taille.

* * *

Quand je m’extirpe de ma voiture, je me demande si mes jambes vont réussir à me porter jusque dans la maison. Il est vingt heures passées, je suis debout depuis cinq heures du mat, j’ai passé la journée à bosser… mais à part ça, tout va bien. Bordel, heureusement que j’aime mon métier. Le pire c’est qu’une fois sur place, devant l’immense animal échoué sur la plage, c’est de confirmer que « oui oui, c’est bien une baleine ». J’aurais pu partir au bout de cinq minutes si tout ce joli monde n’avait pas eu besoin de la présence d’un expert pour vérifier le rapport et autres démarches administratives. Tout ça pendant que je restais plantée là, le cœur crevé face à mon incapacité de faire quoi que ce soit dans l’immédiat pour sauver cette pauvre grande dame. Croyez-moi que si j’en avais eu la force, je l’aurais remise moi-même à l’eau. Heureusement, j’ai pu repartir le cœur plus léger, grimpant dans ma voiture au même moment où l’équipe de secours préparait déjà le matos pour la remettre à la mer. Alléluia.

Par miracle (ou juste un brin de non exagération) j’arrive dans le salon où se trouvent Benjy et Jared, comme s’ils n’avaient pas bougé depuis mon départ. Jusqu’ici, tout va bien, même si quelque chose me perturbe mais… quoi ? Généralement, quand je passe la porte de chez moi, c’est pour entendre les cris surexcités de Benjy, sa manière à lui d’exprimer sa créativité en compagnie de ses braves nounous qui ont du mal à suivre le rythme (voilà aussi pourquoi j’ai du mal à en trouver). Mais là, c’est calme, inhabituellement calme. Même en me voyant, Benjy descend sagement du canapé et trottine jusqu’à moi pour me tendre les bras sans pousser de couinements suraigus. Je prends mon fils dans mes bras tout en haussant le sourcil à l’attention de Jared. Il lui a filé de la gnole ou quoi ? Non en fait, je crois que si c’était le cas, Benjy serait encore plus excité que d’habitude… et j’ai vérifié : il ne sent pas l’alcool.
« Ça a l’air de s’être bien passé, hein ? » dis-je autant pour Jared que pour Benjy, qui commence à piquer du nez dans mes bras (miracle). « Attend-moi deux secondes, » j’ajoute, cette fois uniquement pour Jared.
Je sors et vais à l’étage pour mettre au lit Benjy qui ne se fait même pas prier. De plus en plus étonnant, surtout à en juger par les miettes de cookies qui lui font une moustache et que j’essuie du pouce.

« Je sais pas ce que tu lui as fait mais il est tombé comme une masse ! » j’annonce en revenant dans le salon. « Enfin, en espérant quand même qu’une fois la digestion de son cookie effectuée, il se réveillera pas en plein milieu de la nuit pour me danser une samba en couche culotte. » Je dis ça sans amertume aucune, déjà bien heureuse de retrouver pour une fois mon fils calme et contenté. « Mais parlons peu, parlons bien. »
Je sors mon portefeuille de mon sac et en tire deux billets de cinquante et un billet de 10, fraîchement sortis du crache-sous, et que je tends à Jared.
« Une journée plus une soirée, et les dix c’est pour le dérangement, je te dois bien ça. »


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Jared Hendry

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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyDim 21 Déc - 1:23

Je pourrai au moins dire que je ne suis pas complètement socialement déphasé. Non parce que je suis quand même passé du stade où j'aurais pu mourir tué par un hochet canard, à celui où elle part en me confiant son enfant de plein gré. C'est pas non plus comme si elle me connaissait, et qu'elle était certaine que je n'allais pas le faire frire entre deux oignons et une gousse d'ail. Puis en fait, je ne la connais pas non plus. J'ignore encore son nom et je ne sais même pas si, outre l'indigne ex-babysitter, il y a quelqu'un d'autre qui a accès à cette maison. Non parce que vous imaginez le tableau, si le mari ou le copain qu'elle a peut-être était rentré entre-temps et m'avait trouvé en train de jouer avec son môme, sur le tapis et le canapé où il s'est probablement envoyé en l'air avec elle. J'ai toujours eu le chic pour me retrouver dans ce genre de situation. Quoique faut aussi remarquer que, de ce que j'ai vu de la place jusqu'à maintenant, ça n'a pas trop l'air de sentir la présence masculine. Et je sais de quoi je parle après dix ans passés dans un espace clôt avec des mecs qui sentent la sueur et la couille. Bon, probablement que c'était aussi mon cas, mais voilà quoi. Bref.

Quand elle revient finalement, elle semble étonnée. Étonnée de quoi? Que je sois toujours là? Que son fils soit toujours en vie? Que j'ai pas organisé une orgie dans son salon? Si ça s'est bien passé? Oui. Ça se passe pas bien en général? Je suis en train surveiller Dark Vador et je le sais pas? Ou alors je suis juste trop doué quoi. C'est surement ça oui, qui l’eut cru. «Rien à signaler,» que je glisse d'un ton posé alors que Benjy va s’effondrer dans les bras de sa mère. J'en ferai autant, si ma mère était là et qu’elle n’était pas aussi insupportable, ou que j'avais vraiment envie de me taper son discours qu'elle a probablement mijoté et mariné pendant dix ans. Une vraie cook ma mère. Je suis pas près d'aller leur rendre visite.

Enfin, parce que je suis sage, j'attends encore une fois, qu'elle aille mettre au lit la demi-portion et qu'elle revienne, toujours aussi éberluée qu'il soit si docile. À se demander si j'ai bien mit la main sur la boite de cookie pour enfant et pas celle pour adulte, avec supplément. Non, j'en ai mangé aussi, je le saurais si elle avait mis de l'herbe dedans. Après, comme elle en fait la remarque, le gaver de chocolat le soir, c'était peut-être pas l'idée du siècle, mais à la rigueur, je serai plus là, alors pas mon problème. Et à ce moment où elle décide de sortir l'arme fatale. Et non ce n'est pas sa poitrine, mais bien quelques beaux billets, que je ne peux m'empêcher de compter dans ses mains, bien malgré moi. Bon, je sais ce que c'est, je devrais dire non, que c'était rien, que ça m'a fait plaisir de l'aider, que je l'ai fait de bon cœur, mais...Je souris, tends la main pour prendre les précieux, docilement, mais prêt à lui arracher des mains si elle me faisait le coup de changer d'idée. Je suis achetable, mais j'y peux rien, je suis pauvre. «N'importe quand.» Bon là, je sais pas, mais 110 balles pour quelques heures à surveiller un gamin, faut être teubé pour refuser. «Sérieusement, si t'as besoin, je suis un peu disponible ces temps-ci et j'aime bien les gamins alors...» Mais qu'est-ce que je ferais pas pour de l'argent. «Au fait, t'aurais pas un nom par hasard?» Bien que Mama Bear lui aille à merveille, autant savoir.



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   La babysitter portait du cuir ~ ft. Jared EmptyDim 21 Déc - 1:48

N’importe quand ? Ah ben là, tout de suite, sur la moquette, je suis pas contre. Ah pardon, il parlait de baby-sitter. Sérieux, ça le branche ? C’est sûr que ça me dépannerait mais est-ce bien raisonnable ? Et non, ce n’est pas la première fois que je me pose la question : je me la suis rabâchée à partir du moment où j’ai quitté la maison et que je l’ai laissé seul avec Benjy. Bon d’accord, j’ai récupéré mon fils en un seul morceau ET calmé, et à vue de nez, il ne manque rien dans ma baraque… Coup de chance ou inconscience ? Les deux ?
Je hoche la tête avec un petit sourire. « C’est cool, j’vais y réfléchir. » Entendez par là… ben que je vais réfléchir, tout simplement. Faut dire que je suis pas le genre de personne à faire des tours et des détours, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis, un point c’est tout. Sauf quand j’oublie de dire quelque chose, quelque chose de relativement important, mon prénom par exemple. Je me tape le front en levant les yeux au ciel, comme une vraie blonde. Ventre saint gris, en voilà une bourde.
« Ah, ah oui, au temps pour moi. Moi c’est Jane, Jane Novak, et toi ? Ah oui c’est vrai : Jared, tu l’as déjà dit. »
À part ça, je ne suis absolument pas distraite. Incriminons la fatigue, bien que la barbe de monsieur ne soit pas complètement innocente non plus. J’aime les barbes. C’est sexy. Et mignon. Ce qui est d’autant plus mignon c’est de voir le feeling qu’il semble déjà y avoir entre lui et Benjy, un feeling que je ne lui ai jamais vu avec aucune nounou.

Je m’écarte pour laisser enfin partir Jared, le remerciant encore et lui souhaitant une bonne fin de soirée. Je l’escorte jusqu’à la sortie, pose la main sur la poignée, la tire… et referme aussitôt la porte, contre laquelle je m’adosse en croisant les bras.
« Ok, tu sais quoi ? Autant régler ça tout de suite. Je suis dans la merde, tu l’auras sûrement compris : mon boulot est fatiguant, il paye pas des milliers, mais avec mon fils, c’est ma passion. Je peux pas, je veux pas démissionner, mais je refuse d’être une mauvaise mère pour Benjy. Je vais être franche avec toi : je connais rien de toi, tu pourrais être le nouveau psychopathe à la mode que j’en saurais rien, mais t’as un bon feeling avec Benjy et… j’ai besoin de quelqu’un dès demain matin, et c’est pas ce soir que je vais le trouver. Alors je vais te poser deux questions. D’abord : est-ce que tu peux revenir demain, de dix à dix-sept heures ? Et ensuite : est-ce que tu peux me regarder dans les yeux et me jurer que je peux te faire confiance ? » Pour appuyer le côté solennel du moment, je dresse mon index et l’agite sous son nez en rythme avec mes mots : « Et crois-moi, si tu mens, je le saurais ! »
Voilà, je crois que les choses sont claires, nettes et précises là, non ?


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